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COMMENT SE COMPORTE L'ALOSE ?

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Comment

Les aloses sont des poissons très combatifs et assez peu connus. Découvrez dans ce conseil, comment elles se comportent pour mieux les pêcher.

 

Biologie / écologie des aloses 

Les aloses sont des grands migrateurs amphihalins qui appartiennent à la famille des Clupéidés, celle des harengs, aloses et sardines. Cette famille comprend certains des poissons les plus consommés dans le monde.

Comme tous les autres Clupéidés, les aloses sont caractérisées par un corps fusiforme légèrement comprimé latéralement. Le genre Alosa comprend des poissons au corps argenté, à la queue fortement échancrée et présentant une seule nageoire dorsale courte placée au milieu du dos. Ces individus ne possèdent pas de ligne latérale. Les flancs sont ornés d'une ou plusieurs taches noires. La première est toujours visible, plus grosse et plus nette que les autres, qui peuvent ne pas apparaître.

Deux espèces sont présentes sur les cours d’eau français : Alosa alosa (Grande Alose) et Alosa fallax (Alose feinte).

Alose feinte

Taille : 30 à 50 cm

Poids maximal : 1,5 kg 

Répartition en eau douce : Zone de balancement des marées

Grande alose

Taille : 40 à 70 cm

Poids maximal : 3,5 kg 

Répartition en eau douce : Généralement jusqu’au premier ouvrage infranchissable pour l’espèce

 

Des différences morphologiques puis génétiques, ont été observées au sein de ces espèces, confirmant la présence de populations distinctes. Ces différences témoignent d’un homing, c'est-à-dire le retour pour se reproduire dans leur rivière natale. Pour ces deux espèces, le homing se situerait à l’échelle du bassin versant.

Les aloses remontent les cours d’eau pour se reproduire. La migration est induite par la maturation des gonades (cellules reproductrices) et fortement reliée à la température de l’eau. 

A la différence des salmonidés migrateurs (saumon Atlantique et truite de mer), les aloses s’engagent peu dans les petits affluents et remontent plus ou moins haut. La limite amont de l'aire de répartition de Alosa fallax en milieu continental se situe juste au-dessus des zones soumises à l'influence des marées. La grande alose peut néanmoins remonter très en amont sur les cours principaux, généralement bloquée par la présence des barrages. Ainsi, en 1941, sur le bassin de la Loire, il y avait des frayères à plus de 700 kms de la mer (Roanne sur la Loire et Issoire sur l’Allier).

Pour la grande alose, sa régression, voire sa disparition, a souvent été liée à une réduction spatiale de sa zone de migration par l’implantation des barrages.

Sur le Rhône, la régression de l’espèce a suivi les accroissements de l’aménagement hydraulique du fleuve. Avant 1932, l’alose paralose (sous espèce) remontait jusqu’au lac du Bourget, dans l’Ain et la Saône, dans la Durance, l’Ardèche et l’Isère.

Jusqu’en 1852, la Seine était libre de tout barrage et les aloses remontaient très en amont, puisqu’elles dépassaient Paris et Montereau, s’engageant même sur certains affluents (l’Oise et l’Yonne jusqu’à Auxerre).

La grande alose, appelée Maifisch sur le bassin rhénan, remontait dans le Rhin Suisse à Bâle. Au mois de mai, « les aloses se montrent en nombre... jouant par centaine à la fois et décrivant des cercles à la surface de l’eau… ».

 

Pêche / règlementation

L’intérêt de ces poissons migrateurs est difficile à définir, notamment pour l’alose feinte qui ne fait pas toujours l’objet d’une pêche ciblée. Dans certains bassins versants, ces espèces sont très appréciées et recherchées par les populations locales.

En France, en Espagne et au Portugal, Alosa fallax et Alosa alosa sont toutes deux inscrites sur la liste rouge des espèces menacées. Cette liste n’est pas un outil règlementaire mais permet d’attirer l’attention sur des espèces en danger d’extinction, vulnérables ou rares.

Ces espèces font néanmoins l’objet d’une règlementation précise de leur pêche dont il faut prendre connaissance auprès des FDAAPPMA des départements concernés, définissant les périodes, les techniques et les tailles minimales de capture. Cette règlementation est fixée par arrêtés en conformité avec le plan de gestion des poissons migrateurs. 

 

Pêche des aloses :

La pêche à la ligne des aloses s’inscrit dans une véritable tradition.

La pêche de l’alose est très prisée des pêcheurs à la ligne pour son caractère sportif. Les aloses sont des poissons combatifs qui procurent de très bonnes sensations lorsque le matériel est adapté, pour le plus grand plaisir des pêcheurs.

Une étude a été menée par l’association MIGADO visant à caractériser la pêche à la ligne de l’alose feinte sur le bassin Garonne-Dordogne. Cette étude menée avec les pêcheurs collaboratifs de Gironde a surtout permis de mieux connaître la population de pêcheurs, en particulier leur origine géographique, mais aussi leur âge et les techniques utilisées. Les pêcheurs étaient principalement originaires du département de la Gironde.

La pêche des aloses est pratiquée sur les frayères (zones de reproduction). L’espèce est particulièrement fragile à la manipulation. Le no kill, lorsqu’il est pratiqué, doit se faire sans sortir le poisson de l’eau.

La technique du lancer est la plus largement utilisée (presque 90%). Elle se pratique à l'aide de cannes légères capables de propulser à bonne distance des leurres légers (7 - 21 gr ou  5 - 15 gr) qui sont souvent des cuiller ondulantes. Les cuillères tournantes classiques ou bien des mouches lestées peuvent aussi être utilisées. Les techniques de "la dandine" et de "la mitraillette" sont utilisées surtout sur la Garonne. Enfin, 3 pêcheurs interrogés (2 %) ne pratiquaient qu'à la mouche, la nymphe "téléphone" étant la plus utilisée. Les techniques sont variées et laissent libre cours à l’imagination du pêcheur.

 

 

Sur les cours d’eau bretons (l’Aulne, le Blavet, l’Elorn entre autres), les populations d'aloses y sont bien représentées et pour autant, peu recherchées par les pêcheurs de la région. Seule une poignée de connaisseurs attendent avec impatience leur grand retour chaque année de la mi-avril à la fin juin.

Vous connaissez maintenant comment se comportent les Aloses et comment pêcher ces poissons. Nous espérons que cela vous permettra de découvrir cette pêche qui est pleine de surprises.

 

 

SOURCES / CREDIT : MIGADO
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Bonjour,

article concis et instructif.


Unpeu plus de précisions sur les zones potentielles de pêche et le matériel seaient utiles au néophite intéressé ( ou à défaut une bibliographie pertinente ).


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